Titres
Formation en 2019
L’album que je vais vous présenter aujourd’hui aurait pu figurer dans mon top 2025. J’ai même hésité à repousser d’une semaine la publication de mon classement pour vous le faire découvrir. Mais j’avais envie de plus de temps pour l’écouter.
Le groupe s’appelle Feather Mountain, vient de Copenhague et sort ici, avec Liminal Step, son troisième album depuis 2019.
Huit titres de métal progressif de deux à sept minutes qui ne sont pas sans rappeler les cadors du genre comme Leprous ou Vola.
Dans Liminal Step le growl et la voix claire se partagent les parties chantées d’agréable manière. Lorsque l’on commence à saturer de sucreries, la râpe amère vient nettoyer les papilles et relancer l’envie de douceurs. Un très bon équilibre pour les personnes qui craignent les hurlements.
L’album nous guide pendant trente-neuf minutes vers la compréhension de nous-même alors que le monde qui nous entoure sombre dans le chaos. Une invitation à plonger dans l’abîme de la vie, dans nos traumatismes et les structures sociales qui nous paralysent, à l’image de la magnifique pochette signée Arie Fasant, cet homme qui fait un pas en avant dans le vide.
Je vous l’avoue, c’est cette couverture, façon tatouage, qui m’a tout d’abord interpellé. Un personnage sur un éperon rocheux, les cheveux au vent, qui s’apprête à se jeter dans le vide. Cela ne ressemble pourtant pas à un acte désespéré, bien au contraire.
Le côté enragé de l’album est particulièrement frappant sur les deux premiers morceaux, ‘Sigil’ et ‘Rope Me In’. Dans ‘Lantern’, même si Mikkel Lohmann lève le pied sur growl, il pousse ses cordes vocales dans ses retranchements à la manière d’un Einar Solberg tordu de douleur.
La musique, elle emprunte beaucoup à du cinématique tabassé de djent avec souvent des éléments électroniques. Certains y entendront du Porcupine Tree, du Oceansize, personnellement, je les trouve plus près des danois de Vola, en plus pêchus.
J’aime beaucoup la grandiloquence du titre ‘Prayer Wall’, un des titres les plus longs avec l’excellent ‘Lantern’ et le final ‘The Hedonist’. Un titre qui mélange B.O. façon Interstellar, électronique et chant clair, choeurs et voix très haute le tout avec une puissance émotionnelle rarement atteinte.
Le bref ‘Grid’ rappelle inévitablement l’ami Wilson dans ‘Arriving Somewhere But Not Here’ avec sa guitare acoustique, ses effets vocaux, cette guitare électrique en second plan ainsi que les sonorités choisies pour les claviers. Le titre semble presque à un hommage au travail de Porcupine Tree.
Si j’avais eu plus de temps, j’aurais chroniqué A Liminal Step en 2025 et il aurait certainement figuré dans mon top de l’année, car je ne m’en lasse pas. Il possède sans doute le défaut de ressembler à beaucoup d’autres albums dans la veine de Vola et Leprous mais c’est tellement bon qu’on leur pardonne.
Je vais essayer de trouver du temps pour écouter ‘Nidus’ sorti en 2019 et ‘To Exit A Maelstrom’ arrivé trois ans plus tard pour voir si j’accroche autant et découvrir l’évolution du groupe depuis ses débuts.
En attendant, je vous recommande chaudement A Liminal Step. A consommer sans modération.