Titres
Formation en 2013
Alors que bien des gens s'apitoient sur leur sort, Gmö a profité du confinement pour se pencher sur l’histoire des autres, celle des migrants dont on ne parle plus beaucoup aux actualités, un récit de cent-cinquante-trois jours, nous racontant le chemin vers l’exil. 
Mathieu compose et joue en solo sur ses guitares et claviers depuis près de dix ans, des musiques entre cinématique, ambient et électro qui illustrent parfois des documentaires. Sur son nouvel album Path of Exile, son univers prend également des teintes world music en nous faisant voyager du Mali jusqu'à la Grande-Bretagne en neuf étapes. C’est le récit d’un jeune malien de quinze ans qui a donné l’envie à Mathieu de raconter cette histoire sans paroles longue de quarante-cinq minutes.
Path of exile tisse des atmosphères sonores sobres qui jalonnent le voyage parsemé de périls du jeune migrant. Quelques bruitages éclairent l’auditeur qui ne suivrait pas le décompte des jours lors de cette traversée, partant du continent africain, traversant la Méditerranée, la France, la Manche, pour arriver cinq mois plus tard en terre promise, dans un square londonien où jouent des enfants.
Tout d’abord world music dans ‘Day 1, Before the storm’ avec ses percussions et dans ‘Day 17, Night in the bush’ qui rappelle beaucoup Peter Gabriel, l’album dérive vers un space rock à la manière de Tangerine Dream peuplé de quelques voix (‘Day 62, Over the pass’) avant huit jours d’une longue et périlleuse traversée de la Mer Méditerranée, ce ‘Day 86, Lost in the water’, électro dubstep, qui a inspiré l’album.
Au quatre-vingt-quatorzième jour de voyage, le malien atteint l’Europe (‘Day 94, A new land’), la plus longue pièce de l’album, d’abord tout en attente puis allant crescendo, une pièce encore une fois inspirée par l'écriture world music de Peter Gabriel. Après une pause dans une forêt au son d’un piano, de guitares et de chants d’oiseaux (‘Day 106, Halt in the forest’), nous partons le long des routes sur un post-rock symphonique rythmé virant à l’électro des autoroutes de nuit (‘Day 124, Along the road’) pour atteindre Douvres, pièce apaisée et courte (‘Day 132, Dover priory station’). L’histoire s’achève par le réveil de notre migrant aux cris des enfants, sur un banc, dans une aire de jeux, à Londres, où il s’était probablement endormi après cent-cinquante-trois jours de voyage (‘Day 153, Playground in London’).
Path of Exile pourrait sembler minimaliste à un amateur de rock progressif avec ses touches électro, ses claviers et ses quelques notes de guitares. Des pièces simples, très cinématiques, relativement linéaires qui racontent pourtant à la perfection ce voyage du jeune adolescent, passant d’un continent à un autre dans l’espoir d’un avenir meilleur. Un concept album d’une grande beauté qui va bien au-delà de la musique d'ambiance.